ROSENBERG (A.)


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ROSENBERG ALFRED (1893-1946)

Théoricien nazi et homme politique allemand, né en Estonie, Rosenberg appartient à la communauté allemande des pays baltes. En 1917, il se rend en Allemagne où, par l’intermédiaire de Dietrich Eckart, il fait la connaissance d’Adolf Hitler. Dès 1921, il prend la direction du Völkischer Beobachter , organe du Parti national-socialiste; il est dès lors le principal conseiller de Hitler en matière doctrinale. Rosenberg est sans doute le «philosophe» qui a le mieux exprimé la pensée de Hitler, selon ce que le Führer affirmait lui-même: «C’est l’œuvre la plus puissante du genre, plus grande que celle de H. S. Chamberlain.» L’œuvre de Chamberlain constitue d’ailleurs l’une des sources de Rosenberg, avec les écrits politiques et l’œuvre musicale de Richard Wagner, les œuvres de Gobineau et d’Oswald Spengler. C’est dans son sang, porteur d’une «vérité organique», que l’individu doit chercher, au-delà de sa vie consciente, les mythes ancestraux qui le conduiront sur le chemin de sa réalisation totale: «Aujourd’hui s’éveille une nouvelle foi, le mythe du sang, la foi de défendre avec le sang également l’essence divine de l’homme en général. Foi faisant corps avec le savoir le plus clair de ce que le sang nordique représente le mystère qui a remplacé [...] les anciens sacrements.» Cette recherche de la «vérité du sang aryen et par-dessus tout aryen-nordique» conduit à considérer les autres races comme inférieures, donc vouées à l’esclavage si l’on veut éviter la dégénérescence d’un peuple et d’une civilisation supérieure.

Comme les autres nationaux-socialistes, Rosenberg ressent douloureusement l’abaissement de l’Allemagne après sa défaite de 1918 et la disparition des valeurs proprement allemandes au profit d’une idéologie cosmopolite. C’est en réaction contre cette tendance qu’il développe sa théorie «anti-universaliste». Chaque peuple, pense Rosenberg, doit vivre selon ses propres traditions et ses propres normes, et accomplir sa mission historique. Les philosophies qui nient ce destin particulier de chaque civilisation ou de chaque communauté ethnique ne peuvent, selon lui, que mener l’humanité vers un chaos sanglant. Son anti-universalisme conduit évidemment Rosenberg à condamner le libéralisme et le marxisme. Mais ces idéologies ne sont que la forme moderne de croyances plus anciennes. Elles n’auraient pas existé sans le judéo-christianisme. Rosenberg estime donc qu’il faut attaquer le mal à la racine, c’est-à-dire lutter contre le judaïsme et contre les églises chrétiennes, si l’on veut en finir avec leurs dérivés contemporains.

Les idées de Rosenberg, telles qu’il les exprime dans son œuvre capitale, Le Mythe du XXe siècle (Der Mythus des XX Jahrhunderts , 1931), sont loin de plaire à tous les adhérents du mouvement national-socialiste. Beaucoup d’Allemands sont attirés par Hitler parce qu’il appelle au redressement national, à la révision du traité de Versailles et à l’avènement d’un État social plus juste: ils ne sont pas disposés pour autant à se rallier à une philosophie qui leur paraît nébuleuse ou inquiétante. Hitler le sait bien, lui qui proclamera quand il deviendra chancelier du Reich en 1933: «Le gouvernement considère les deux confessions chrétiennes comme les éléments les plus importants pour le salut de notre caractère national.» Le néo-paganisme de Rosenberg irrite Goebbels et Göring. Mais, inversement, la doctrine de Rosenberg exerce une profonde séduction sur les idéalistes du parti, notamment sur les jeunes, auxquels elle apparaît comme une explication cohérente du monde en même temps que comme une justification de l’action politique. Chef du service des Affaires étrangères du parti, en 1933, il prend contact dès ce moment avec Quisling et prépare les voies d’un futur et chimérique grand empire nordique de race germanique. En 1940, il organise le pillage des œuvres d’art dans les pays occupés de l’Ouest, notamment celles appartenant aux Juifs. L’Einsatzstab Rosenberg , qu’il crée à cet effet, transfère en Allemagne 137 wagons d’œuvres inestimables dont 10 890 toiles de maîtres. À partir de 1941, nommé commissaire à l’administration des régions occupées à l’Est, il prépare puis réalise la germanisation et l’exploitation radicale des pays baltes, de la Russie blanche et de l’Ukraine, l’anéantissement par la famine de leurs populations jugées indésirables et des prisonniers de guerre, le transfert en Allemagne de millions de travailleurs forcés. Arrêté en mai 1945, il sera condamné à mort par le tribunal militaire international de Nuremberg et pendu le 16 octobre 1946.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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